L’article en bref
L’Espresso Martini, cocktail emblématique né en 1983 à Londres, fusionne café et alcool avec élégance.
- Un cocktail créé par Dick Bradsell au Fred’s Club de Soho pour réveiller et défoncer à la fois
- Reconnu officiellement par l’IBA en 2011, malgré son invention vingt-huit ans plus tôt
- Recette officielle : 5 cl vodka, 3 cl liqueur de café, 1 cl sirop, 1 espresso agité vigoureusement
- Signature visuelle : mousse crémeuse en surface et trois grains de café garnissant le verre Martini
- Environ 200 calories par verre, avec possibilités de variations créatives
Le 15 mars, c’est la journée nationale de l’Espresso Martini. Pas de fête officielle dans ma ville, mais croyez-moi, derrière mon comptoir à Besançon, ça mérite au moins un petit hommage ! Ce cocktail fait partie de ceux que je sers avec un plaisir certain, et pour cause : il mêle le supérieur de deux mondes, la caféine et l’alcool, avec une élégance assez folle. Avant de vous expliquer comment le réaliser, laissez-moi vous raconter d’où il vient vraiment.
Qu’est-ce qu’un Espresso Martini : origine et définition du cocktail
La naissance d’un cocktail légendaire
Tout commence en 1983 à Londres, dans un club du quartier de Soho : le Fred’s Club. Dick Bradsell, barman britannique né en 1959 et décédé en 2016, se retrouve face à une cliente mannequin qui lui demande un truc capable de la « réveiller, puis de la défoncer » (bon, je reformule poliment). Il jette un oeil à la machine à café qui trône près de son plan de travail, à la Soho Brasserie, et l’idée germe instantanément. Café + vodka + liqueur = le Vodka Espresso est né.
Ce n’est que dans les années 1990 que le nom change. La mode des cocktails « Martini » bat son plein, et le Vodka Espresso devient l’Espresso Martini. Notez bien : il ne contient ni gin ni vermouth, rien du Martini classique. C’est juste le verre qui s’impose, ce fameux verre en V à pied. Honnêtement, le marketing des années 90, chapeau.
L’IBA (International Bartenders Association) le reconnaît officiellement en 2011. Ça peut paraître tardif pour un cocktail inventé vingt-huit ans plus tôt, mais mieux vaut tard que jamais, comme on dit ici à Besançon quand le livreur de café se pointe avec du retard.
Pourquoi ce nom « Espresso Martini » ?
La question revient souvent quand je le propose à mes clients. Le mot « Martini » ne fait pas référence à l’apéritif italien. Il désigne uniquement le contenant : un verre à pied en forme de V, élancé et élégant, qui donne au cocktail toute sa prestance visuelle. Servir un Espresso Martini dans un autre verre, c’est un peu comme manger une fondue comtoise dans un bol à soupe. Ça marche, mais l’âme n’y est plus.
Un cocktail reconnu et populaire à travers le temps
Après un premier pic de popularité dans les années 2000, l’Espresso Martini connaît un retour en force. La tendance brunch et café de spécialité y est pour beaucoup. Côté calories, comptez environ 200 calories par verre, ce qui le place entre le Sazerac (moins calorique) et le Zombie (bien plus chargé). Pas anodin pour un cocktail aussi fin.
Ingrédients et recette officielle de l’Espresso Martini
La composition selon l’IBA
La recette officielle de l’IBA est claire et précise. Voici les proportions à respecter :
- 5 cl de vodka neutre de bonne qualité (une vodka aromatisée à la vanille apporte une touche intéressante)
- 3 cl de liqueur de café
- 1 cl de sirop de sucre de canne
- 1 café espresso fraîchement préparé et refroidi
Certaines recettes jouent sur les dosages, entre 4 et 6 cl de vodka, ou entre 0,75 et 1,5 cl de sirop selon les goûts. Moi, je m’en tiens à la base IBA, quitte à ajuster le sucre selon les préférences du client. C’est ça, la vraie gestion de bar.
La méthode de préparation pas à pas
Le café espresso doit être préparé 5 à 10 minutes avant de faire le cocktail, puis refroidi. Un café chaud diluerait trop le mélange au contact des glaçons. Astuce perso : je le verse dans un petit récipient métallique que je plonge rapidement dans de l’eau froide.
Ensuite, tout va dans le shaker avec beaucoup de glaçons. On agite vigoureusement minimum 10 à 15 secondes, voire 30 secondes à 1 minute pour bien émulsifier le café. Ce point est crucial pour obtenir cette mousse crémeuse en surface, la signature visuelle du cocktail. On filtre dans un verre Martini bien refroidi. Résultat ? Une couche de mousse dense, presque veloutée.
| Ingrédient | Quantité officielle (IBA) | Variante possible |
|---|---|---|
| Vodka | 5 cl | 4 à 6 cl |
| Liqueur de café | 3 cl | Peut être remplacée par du Bailey’s |
| Sirop de sucre de canne | 1 cl | 0,75 à 1,5 cl selon goût |
| Espresso | 1 café | Torréfaction italienne, notes chocolatées |
La garniture traditionnelle ? Trois grains de café, posés délicatement sur la mousse. Dans la symbolique italienne, ils représentent la santé, la richesse et le bonheur. Chez moi, j’ajoute parfois du cacao en poudre pour une version plus gourmande. Et oui, du parmesan râpé existe comme option, pour les amateurs d’umami. Je ne vous oblige à rien, mais ne faites pas cette tête-là.
Les variations et alternatives à chercher
L’Espresso Martini tolère bien les détournements. Remplacer la liqueur de café par du Bailey’s donne une version crémeuse et douce. Substituer la vodka par du gin produit quelque chose de plus herbacé, assez surprenant. Pour le café lui-même, une torréfaction italienne aux notes chocolatées fonctionne particulièrement bien.
Si vous aimez les cocktails à base de café, d’autres recettes méritent votre curiosité : l’Irish Coffee, le French Coffee, le Mudslide, le Toblerone Cocktail ou encore le shot B-52. Chacun a son caractère, mais aucun n’a la même allure que l’Espresso Martini dans son verre en V.
Sources : wiki Besançon, site officiel de la ville de Besançon


