L’article en bref
L’article en bref : La citadelle de Besançon, chef-d’œuvre militaire de Vauban, domine la ville depuis 1683 et fascine les visiteurs.
- Un monument historique majeur : Forteresse construite entre 1668 et 1695 sur ordre de Louis XIV, reconnu au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
- Architecture impressionnante : 11 hectares de murailles de 15 à 20 mètres de hauteur, avec le puits le plus profond de France (117 mètres).
- Histoire sombre : Cent résistants fusillés entre 1941 et 1944, et 400 prisonniers décédés après la Libération.
- Trois musées labellisés : Musée de la Résistance, Musée comtois et Muséum avec insectarium, accueillant près de 300 000 visiteurs annuels.
- Tarifs accessibles : À partir de 9,50 € en basse saison, bus électrique gratuit depuis le parking Chamars.
Perché à 130 mètres au-dessus du Doubs, sur le mont Saint-Étienne, il y a un monument que je contemple chaque matin depuis mon bar : la citadelle de Besançon. Impossible de l’ignorer. Elle domine la vieille ville de plus de 100 mètres, massive, imposante, et franchement magnifique. Entre 250 000 et 300 000 visiteurs la découvrent chaque année, et je comprends totalement pourquoi.
Qu’est-ce que la citadelle de Besançon Vauban : une forteresse née sous Louis XIV
La citadelle, c’est d’abord l’œuvre d’un génie militaire : Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), ingénieur de Louis XIV. Mais l’histoire du site remonte bien avant. Jules César mentionnait déjà une enceinte de murs ici, dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules, en 58 av. J.-C. Le site a toujours été stratégique. Difficile de faire mieux comme position défensive.
La première pierre est posée le 29 septembre 1668, quand Besançon appartient encore à la Couronne d’Espagne. Les travaux débutent sous la direction de Prosper-Ambroise de Precipiano, assisté de l’ingénieur flamand Cornelius Verboom. En 1674, Louis XIV conquiert la Franche-Comté et décide de faire de Besançon un maillon essentiel de la défense de l’Est. C’est là que Vauban entre vraiment en scène. Le traité de Nimègue, signé le 10 août 1678, rattache définitivement la ville au royaume de France.
Les travaux s’achèvent en 1683 pour les éléments principaux, puis en 1695 pour l’ensemble des fortifications de la ville, soit vingt ans de chantier. Louis XIV aurait demandé, selon la légende, si les murs avaient été construits en pierre ou en or tellement la facture était salée. Sur 11 hectares, la forteresse s’articule autour de trois fronts bastionnés : le Front Saint-Étienne, le Front Royal avec ses célèbres guérites du Roi et de la Reine, et un troisième front face à la ville.
Une architecture militaire pensée dans ses moindres détails
Les murailles atteignent 15 à 20 mètres de hauteur pour une épaisseur de 5 à 6 mètres. Vauban a même fait construire les parapets supérieurs en brique, dont les éclats blessent moins que le calcaire. Malin, le bonhomme. Un souterrain nommé « communication 110 » permettait aux défenseurs du premier front de se replier vers le Front Royal. Chaque détail compte.
En 1681, Vauban fait creuser un grand puits estimé à 132 mètres de profondeur. Une mesure effectuée en 2015 par des spéléologues du Doubs a établi la profondeur réelle à 117,02 mètres, ce qui en fait le puits le plus profond de France, devant celui de Cordes-sur-Ciel (114 mètres) et celui du château de Joux (102 mètres). Comme l’eau était saumâtre, Vauban a ajouté quatre citernes pour récupérer l’eau de pluie. Pratique.
Un lieu chargé d’histoire sombre
La citadelle n’a pas qu’une histoire glorieuse. Du 28 avril 1941 au 18 août 1944, cent résistants ont été fusillés entre le puits et la chapelle. Parmi eux, 84 Français, 5 Néerlandais, 3 Italiens, 3 Suisses, 2 Luxembourgeois, 2 Espagnols et 1 Polonais. Le 26 septembre 1943, Henri Fertet, qui n’avait pas encore 17 ans, faisait partie des seize fusillés du groupe de résistants Guy Mocquet. Il avait écrit une lettre bouleversante à ses parents avant de mourir.
Après la Libération par les Américains le 7 septembre 1944, la citadelle devient le Dépôt 85, un camp pour prisonniers de guerre de l’Axe, jusqu’au printemps 1948. Plus de 400 prisonniers y perdent la vie. L’armée cède finalement le monument à la ville le 21 juin 1960, après la remise des clés au maire Jean Minjoz le 28 mai 1959. Depuis le 7 juillet 2008, la citadelle de Besançon figure sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, au sein d’un ensemble de douze fortifications représentatives du génie de Vauban.
Trois musées, des animaux et des secrets : ce qu’on trouve à l’intérieur
Quand je recommande la citadelle à mes clients du bar, je leur dis toujours : prévoyez la journée entière. Parce que l’intérieur, c’est un monde en soi. Trois musées labellisés musées de France y cohabitent.
Le Musée de la Résistance et de la Déportation
Fondé en 1971 par Denise Lorach (1916-2001), ancienne déportée revenue du camp de Bergen-Belsen, ce musée est l’un des cinq premiers de sa catégorie en France. Ses vingt salles accueillent en moyenne 65 000 visiteurs par an. Fermé de janvier 2020 au 8 septembre 2023 pour rénovation, il propose un parcours chronologique sur le nazisme, Vichy, la Déportation et la Résistance. Deux salles y sont dédiées à l’œuvre de Jean Daligault et Léon Delarbre, tous deux déportés.
Le Musée comtois, installé depuis 1960 dans le Front Royal, décline sur 17 salles la vie quotidienne franc-comtoise aux XIXe et XXe siècles autour de quatre thèmes : se nourrir, se divertir, croire et travailler. Fondé par Jean Garneret (1907-2002), prêtre à Lantenne-Vertière, il constitue une plongée ethnographique précieuse. Et si vous voulez visiter les traditions méconnues de Besançon, ce musée est un excellent point de départ.
Le Muséum : l’insectarium particulièrement le plus grand de France
Le Muséum répartit ses collections en cinq espaces : jardin zoologique (39 espèces de mammifères, 21 espèces d’oiseaux, 6 espèces de reptiles, 17 espèces d’amphibiens), aquarium, insectarium, noctarium et naturalium. L’insectarium est un des plus le plus grands de France. Les collections du Muséum ont été constituées initialement par l’Université de Franche-Comté.
Tarifs, horaires et accès : tout ce qu’il faut savoir avant de venir
Voici un récapitulatif des tarifs 2026 pour préparer votre visite :
| Profil | Tarif haute saison | Tarif basse saison |
|---|---|---|
| Adulte | 13,50 € | 9,50 € |
| Enfant 4-7 ans | 5,80 € | 5,80 € |
| Enfant 8-17 ans | 9,50 € | 9,50 € |
| Moins de 4 ans | Gratuit | Gratuit |
| Tarif réduit | 9,50 € | 9,50 € |
| Pass famille | 38 € | 38 € |
Pour l’accès, la ligne spéciale de bus fonctionne de mars à octobre depuis le pôle Chamars (parking de 362 places). Le trajet dure dix minutes. Les véhicules sont 100 % électriques. Si vous prévoyez de visiter Besançon sans voiture, cette option est parfaite.
Des visites pour tous les goûts
Plusieurs formules existent :
- Visite guidée « 3 siècles d’Histoire » : 1 heure
- Visite guidée « La Citadelle au XVIIe siècle » : 45 minutes
- Visite guidée « Citadelle secrète » avec galeries souterraines : 1h15
- Visite animée par un comédien « Sur les traces de Vauban » : 1 heure
Pour organiser une journée parfaite à Besançon, intégrez la citadelle le matin et les musées l’après-midi. Un conseil de patron de bar qui connaît le rythme de la ville. Les mineurs de moins de 16 ans doivent être accompagnés, et les animaux domestiques ne sont pas admis sur le site.
Sources : wiki Besançon | site officiel de la ville de Besançon


