L’article en bref
La grotte d’Osselle, près de Besançon, est l’une des plus anciennes cavernes touristiques du monde.
- Un site unique : Plus de 500 ans de tourisme continu depuis 1504, avec 1 200 mètres de parcours aménagé et des colorations spectaculaires dues aux minéraux.
- Des formations géologiques remarquables : Quinze salles impressionnantes — salle du Plafond avec stalactites transparentes, salle Egyptienne, salle du Chaos haute de 27 mètres.
- Un patrimoine paléontologique exceptionnel : La plus grande nécropole d’ours des cavernes du monde avec 2 000 à 3 000 squelettes enfouis.
- Une histoire fascinante : Refuge de prêtres durant la Révolution, site d’exploration scientifique depuis le 18e siècle, gestion passionnée depuis 1965.
Vingt kilomètres au sud de Besançon, sous les collines calcaires de Roset-Fluans, se cache quelque chose d’absolument dingue — la grotte d’Osselle, l’une des plus anciennes cavernes touristiques du monde. Depuis 1504, des visiteurs s’y aventurent régulièrement — ça fait plus de 500 ans de tourisme continu, sans interruption. Pas mal pour un trou dans la roche, non ? Moi, derrière mon comptoir à Besançon, j’en parle souvent à mes clients comme d’un endroit que trop peu de jeunes connaissent vraiment.
Qu’est-ce que la grotte d’Osselle : une caverne hors du commun
La grotte d’Osselle est, avec la grotte d’Antiparos en Grèce, la plus ancienne caverne touristique recensée au monde. Découverte au 13e siècle, elle s’étend sous le territoire du Doubs et du Jura, en Bourgogne-Franche-Comté. Le parcours aménagé couvre 1 200 mètres visitables — parmi les plus longs de France, aux côtés du gouffre de Padirac et de la grotte de Bétharram. Et les galeries connues dépassent aujourd’hui 14 km au total, dont 6 km de rivière souterraine et 8 km de galeries abandonnées.
Les roches sont principalement calcaires, héritées du Jurassique, cette période géologique où d’épaisses couches de sédiments marins se sont accumulées. Ce sous-sol est aussi riche en sels de fer, de cuivre et de manganèse, ce qui explique les colorations spectaculaires des parois — du vert au rouge, du blanc au bleu, du marron au noir, du gris à l’orange. Quand j’ai visité la grotte pour la première fois, j’ai cru un moment que quelqu’un avait peint les murs. Raté — c’est juste la nature qui fait son show depuis des millions d’années.
La visite guidée dure 1h30, se déroule sur un parcours quasi plat et traverse quinze salles. La température intérieure reste constante à 13 degrés Celsius toute l’année — prévoyez une petite veste, même en plein juillet. C’est un détail que j’annonce toujours avant que les gens partent, sinon ils râlent au retour !
Les salles indispensables du parcours souterrain
Le parcours réserve de vraies surprises. La salle du Plafond impressionne avec ses milliers de stalactites transparentes et un pilier de plus de 4 mètres de circonférence. La salle Egyptienne, longue de 60 mètres, présente des formations sphériques étranges, ressemblant à des citrons ou des pis de vaches. La salle du Chaos culmine à 27 mètres de hauteur avec des draperies marron clair suspendues comme des rideaux de théâtre. Enfin, la salle du Théâtre est traversée par la rivière souterraine elle-même.
Un pont construit à la main, à 900 mètres sous terre
En 1751, sur ordre de l’intendant de province Moreau de Beaumont, un pont en pierre de taille a été érigé sur la rivière souterraine. Les pierres ont été taillées à l’extérieur, puis transportées à dos d’homme sur près de 900 mètres. Résultat : ce pont n’a servi à rien pendant plus de deux siècles. Ce n’est qu’en 1966 qu’il a enfin permis d’accéder à de nouvelles salles. Un investissement patient, on dira.
Une collection minérale à l’entrée
Avant même d’entrer dans les galeries, l’accueil réserve une surprise : une collection de minéraux remarquable, rassemblée par le propriétaire. On y trouve notamment le Doigt de Dieu, une pierre brésilienne composée d’améthyste et de deux variétés de calcite, ainsi que des spécimens de topaze, tourmaline et aigue-marine. C’est un peu comme une mise en bouche géologique avant le festin souterrain.
Histoire et science : 800 ans de découvertes dans les entrailles du Doubs
Au 16e siècle, l’avocat Me Loïs Gollut (1535-1595) affirmait que la grotte était une ancienne mine d’or romaine et que les colonnes de calcite retenaient la montagne. Romantique, mais faux. En 1696, Dunod de Charnage, le père Romain Jolly et l’abbé Boisot ont démontré que les galeries résultaient de l’infiltration des eaux de pluie et d’une rivière souterraine. La science avançait, même à l’époque.
Entre 1758 et 1763, Lacoré et Toulongeon ont élargi les passages étroits. Ce dernier organisait dans les galeries des fêtes, banquets et concerts, et aurait accueilli le philosophe Voltaire à plusieurs reprises. On imagine bien la scène : Voltaire en perruque poudréé, un verre à la main, sous les stalactites. En 1753, l’abbé Goujet, lui, a vécu une aventure moins festive — il a été enseveli vivant dans une poche d’argile liquide pendant son exploration.
Pendant la Révolution française, la partie sèche de la grotte a servi de refuge à des prêtres réfractaires. L’abbé Griès y a même célébré la messe sur un autel d’argile, encore visible aujourd’hui. C’est ce genre de détail qui rend ce lieu unique — chaque recoin raconte une histoire vraie.
La plus grande nécropole d’ours des cavernes au monde
La grotte d’Osselle représente extrêmement le plus grand gisement mondial d’ours des cavernes. En 1826, le paléontologue anglais William Buckland y a mis au jour le premier squelette complet de l’espèce, transporté à Londres pour être exposé au British Museum, où il se trouve toujours. En 1970, quinze autres squelettes complets ont été découverts. On estime encore entre 2 000 et 3 000 squelettes enfouis dans la grotte. Georges Cuvier, fondateur de la paléontologie, y a mené de nombreuses fouilles. En 1828, Silliman a publié un article dans le Journal Américain des Sciences et des Arts, tandis que la Société Royale de Londres contribuait à diffuser la renommée du site à l’échelle mondiale.
De Haaz à aujourd’hui : un site vivant et géré avec passion
La grotte a été classée dès 1912. En 1965, Claude Haaz, jeune spéléo-minéralogiste, a proposé à la mairie de Roset-Fluans d’aménager le site. Devenu exploitant, il a dégagé des galeries, ouvert de nouvelles salles, installé des éclairages. Depuis 45 ans, Brigitte Hazz et son époux assurent la gestion du lieu avec une rigueur remarquable. C’est ce type d’engagement familial qui donne à la grotte d’Osselle une âme que peu de sites touristiques possèdent encore.
Pour préparer votre visite, voici les informations pratiques essentielles :
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Localisation | Roset-Fluans, à 20 km de Besançon |
| Durée de visite | 1h30 |
| Température intérieure | 13°C constante |
| Longueur du parcours | 1 200 mètres |
| Nombre de salles | 15 salles |
| Accessibilité | Parcours plat et linéaire |
Sources : wiki Besançon — site officiel de la ville de Besançon


