Verre de whisky avec glaçons, citron et gingembre au bar

Damien

Penicillin cocktail : définition et recette

L’article en bref

Le Penicillin est un Modern Classic créé en 2005 par Sam Ross, devenu l’un des cocktails les plus prestigieux.

  • Un cocktail fondateur : Créé par le bartender australien Sam Ross au Milk & Honey de New York, le Penicillin incarne la créativité moderne en mixologie.
  • Des saveurs équilibrées : Scotch, gingembre frais, miel et citron forment une harmonie acide-sucré sophistiquée, complétée par une flottaison de whisky tourbé.
  • Une propagation fulgurante : De secret new-yorkais à classique mondial, le cocktail figure désormais dans les menus des plus grands bars du monde.
  • Une recette accessible : Simple à préparer en une minute avec des ingrédients basiques, idéale pour expérimenter différents whiskies écossais.
  • Un succès confirmé : Classé 11ème cocktail mondial en 2024, qualifié de « nouveau cocktail le plus renommé du 21ème siècle » par les historiens.

Certains cocktails naissent d’une intuition, d’une nuit d’inspiration, d’une envie de bidouiller une recette classique. Le Penicillin, c’est exactement ça. Créé en 2005 par Sam Ross, un jeune Australien de 22 ans fraîchement débarqué de Melbourne, ce cocktail au whisky fumé est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands Modern Classics de la mixologie contemporaine. Pas mal pour un gamin qui cherchait juste à réinventer un Gold Rush…

Qu’est-ce qu’un Penicillin cocktail ?

Le Penicillin cocktail est un cocktail au whisky né dans les cuisines créatives du bar Milk & Honey à New York. Quand on me demande de le décrire, je dis souvent que c’est un peu comme une tisane réconfortante, mais version adulte et beaucoup plus stylée. On y retrouve du scotch, du gingembre frais, du miel et du citron : des ingrédients qu’on associe naturellement aux remèdes maison contre le rhume. D’où son nom, une référence directe à la pénicilline, l’antibiotique découvert par l’Écossais Alexander Fleming.

Ce cocktail appartient à la grande famille des « sours », ces boissons qui jouent sur l’équilibre acide-sucré. Mais le Penicillin va plus loin, grâce à la touche fumée du whisky tourbé posé en flottaison sur le dessus. Avant même de goûter, vous sentez cette légère odeur de tourbe. C’est presque théâtral. Et chez moi à Besançon, quand je pose ce verre devant quelqu’un qui ne connaît pas, je vois toujours ce moment de surprise sur son visage.

Selon une enquête de Drinks International, le Penicillin était classé 11ème cocktail le plus consommé au monde en 2024. C’est énorme pour une création qui n’a même pas vingt ans d’existence. L’historien des cocktails Robert Simonson n’a d’ailleurs pas hésité à le qualifier de « nouveau cocktail le plus fréquenté et le plus renommé du 21ème siècle » dans son livre A Proper Drink, publié en 2016.

Les origines : d’une variation à un classique mondial

Sam Ross ne cherchait pas à métamorphoser la mixologie cette nuit-là. Il voulait simplement twister le Gold Rush, un cocktail à base de bourbon, miel et citron. Son idée ? Diviser la partie sucrante entre sirop de miel et jus de gingembre frais. Puis remplacer le bourbon par du scotch, plus malté, qui s’accorde mieux avec le gingembre. Et pour finir, ajouter un soupçon de whisky fumé en flottaison. Simple sur le papier, brillant dans le verre.

Pendant un an environ, le Penicillin restait un secret new-yorkais. Il circulait discrètement dans un petit réseau de bars liés à Milk & Honey, servi uniquement sur demande, hors menu. Certains clients étaient eux-mêmes des bartenders, qui l’ont ensuite mis sur leurs propres cartes. La recette s’est propagée par bouche-à-oreille, puis à travers tout le pays. Aujourd’hui, il figure sur des menus partout dans le monde, des palaces aux bars underground de Brooklyn.

Pourquoi ce nom ?

Le nom ne vient pas du hasard. Gingembre, miel et citron : trois ingrédients traditionnellement réputés pour aider à lutter contre le rhume et la grippe, un peu comme le grog ou le Hot Toddy. L’allusion à l’antibiotique d’Alexander Fleming est donc cohérente, presque logique. Et franchement, c’est malin : un nom mémorable, une histoire derrière, c’est la moitié du boulot pour qu’un cocktail reste dans les mémoires.

La recette du Penicillin : ingrédients et préparation

Bonne nouvelle : le Penicillin se prépare en environ une minute à la maison. Pas besoin d’équipement professionnel. Un shaker, un pilon, un verre old fashioned et c’est parti. Voici ce qu’il vous faut pour la recette de base :

Ingrédient Quantité
Scotch whisky blended 4 cl
Whisky tourbé (Islay single malt) 1 cl
Jus de citron jaune frais 2,5 cl
Sirop de miel 1,5 cl
Gingembre frais (tranche) 1 tranche

Les étapes sont simples à suivre. Commencez par écraser la tranche de gingembre au fond du shaker avec un pilon. Versez ensuite le scotch blended, le sirop de miel et le jus de citron. Ajoutez 8 à 10 glaçons, secouez énergiquement pendant 10 secondes. Double-filtrez dans un verre old fashioned rempli de glaçons. Décorez avec une rondelle de citron et quelques tranches de gingembre. Puis posez délicatement le whisky tourbé à la surface, en flottaison, pour cette belle touche fumée.

Variantes et adaptations possibles

Le Penicillin est aussi un excellent terrain de jeu pour examiner des whiskies différents. Si vous voulez aller plus loin dans la complexité aromatique, certains associent un whisky peu tourbé et un très tourbé pour un résultat dense et puissant. D’autres jouent sur des whiskies non tourbés pour adoucir l’ensemble. Les possibilités sont nombreuses. Si vous aimez partir à la découverte des spiritueux écossais, jetez un oeil à notre sélection de cocktails gin artisanaux français, avec recettes et sélection pour voir comment on peut jouer sur des bases multiples.

Une variante notable est née à Brooklyn, baptisée le « Penichillin ». Un bar d’arrière-cour a décidé d’en faire une version glacée. Preuve que ce cocktail inspire encore les créatifs partout dans le monde, plus de vingt ans après sa naissance. Personnellement, je reste attaché à la version originale : moins de chichis, plus de caractère.

Choisir le bon moment pour le commander

Le Penicillin fonctionne bien en toute saison, mais il brille particulièrement en automne et en hiver. Sa chaleur épicée, son côté légèrement fumé, son acidité équilibrée… c’est le genre de boisson qui s’adapte à l’humeur. Si vous hésitez encore sur quel cocktail prendre au bar, le Penicillin est souvent une valeur sûre pour ceux qui veulent découvrir quelque chose de plus complexe qu’un simple vodka-orange.

Au bar, quand un client me dit qu’il aime le whisky mais ne sait pas quoi commander, c’est fréquemment le premier nom qui me vient. Simple à expliquer, impressionnant à déguster.

Sources :

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