Vue aérienne d'une citadelle fortifiée entourée de douves et de murailles

Damien

Fortifications Vauban Besançon : histoire et architecture

L’article en bref

Les fortifications de Vauban à Besançon constituent un chef-d’œuvre militaire du XVIIe siècle.

  • Un génie innovant : Vauban a inventé la tour bastionnée, un système défensif unique adapté au terrain accidenté de Besançon.
  • 25 ans de travaux : De 1668 à 1692-1693, la citadelle et l’ensemble des fortifications ont transformé la ville en forteresse impénétrable.
  • Patrimoine UNESCO : Les douze sites Vauban, dont Besançon, sont inscrits au patrimoine mondial depuis 2008.
  • Une destination vivante : La citadelle accueille trois musées, des spectacles immersifs et des expériences pour tous les âges sur ses 12 hectares.
  • Accessibilité libre : Les remparts se parcourent librement à pied, à vélo ou en bateau sur le Doubs, offrant trois perspectives différentes du monument.

Quand on vit à Besançon et qu’on tient un bar au pied de ces murailles impressionnantes, difficile de ne pas être fasciné. Chaque matin, j’ouvre mes volets et je vois ces pierres vieilles de plus de trois siècles qui surplombent la ville. Les fortifications de Vauban à Besançon ne sont pas juste un décor. Elles racontent une histoire politique, militaire et humaine d’une richesse folle.

Vauban et Besançon : une alliance de pierre et d’ingéniosité

Un ingénieur militaire hors du commun

Sébastien Le Prestre de Vauban, né en 1633 et mort en 1707, n’était pas un architecte ordinaire. Maréchal de France et ingénieur militaire de génie, il a réinventé l’art des fortifications à une époque où les canons rendaient les vieilles murailles médiévales complètement obsolètes. Son idée ? Adapter la défense au terrain, jouer avec la topographie plutôt que de la subir.

À Besançon, il a trouvé un terrain spécialement casse-tête. La ville est encerclée par six collines boisées et traversée par le Doubs. Les collines de Chaudanne et de Brégille dominaient dangereusement la cité. Un cauchemar stratégique pour n’importe quel défenseur… sauf pour Vauban.

Ce qu’il a fait ici est exclusif : il a inventé un nouveau modèle d’ouvrage défensif, la tour bastionnée. Six tours, solidement ancrées dans la rivière, faisaient directement face aux collines menaçantes. Ce système, appelé le deuxième système de Vauban pour les tours bastionnées, se retrouve notamment avec la Tour de Chamars et la Tour du Marais, encore visibles aujourd’hui.

25 ans de chantier colossal

Les travaux ont démarré en 1668, alors que Besançon appartenait encore à la couronne d’Espagne. Six ans plus tard, en 1674, la Franche-Comté revenait à Louis XIV par traité. Le roi a alors décidé de poursuivre le chantier pour ancrer définitivement ce territoire dans le royaume de France.

La citadelle a été achevée en 1683. L’ensemble des fortifications, lui, n’a été terminé qu’en 1692-1693. Soit presque 25 ans de travaux au total. Une facture astronomique, d’ailleurs : la légende dit que Louis XIV aurait demandé si la citadelle n’avait pas été construite en or tellement elle lui avait coûté cher. Je comprends le sentiment — même rénover un bar bisontin coûte une fortune !

Le Fort Griffon, quant à lui, constitue une seconde citadelle à part entière, faisant face à la première et renforçant la défense du secteur de Battant. On y retrouve bastions, courtines et demi-lunes, la signature architecturale de Vauban.

Élément Date Particularité
Début des travaux 1668 Besançon sous couronne espagnole
Rattachement à la France 1674 Traité — Louis XIV poursuit les travaux
Achèvement citadelle 1683 Éperon rocheux rehaussé
Fin des fortifications 1692-1693 Ensemble urbain complet

Un génie en disgrâce

La relation entre Vauban et Louis XIV a mal fini. Après avoir servi le roi avec brio pendant des décennies, Vauban a publié son Projet d’une dîme royale, un texte proposant une fiscalité plus équitable pour le peuple. Louis XIV l’a fait condamner au feu. Vauban est mort peu après, en 1707. L’homme qui avait transformé la défense du royaume mourait en disgrâce pour avoir voulu protéger autre chose que des frontières.

La citadelle aujourd’hui : un site vivant et incontournable

12 hectares perchés à 100 mètres

La Citadelle de Besançon est le premier site touristique et culturel de Franche-Comté. 12 hectares de superficie, des remparts à 100 mètres de hauteur, une vue à 360° sur la ville et ses six collines boisées. Perché sur un éperon rocheux entre 250 et 365 mètres d’altitude, le site est impressionnant même pour quelqu’un qui le voit tous les jours.

Elle abrite trois musées de France. D’abord, le Musée de la Résistance et de la Déportation, entièrement transformé en 2023. Ensuite, le Musée comtois, qui présente le patrimoine et l’artisanat régional — avec même un théâtre de marionnettes, ce qui ne manque jamais d’étonner mes clients. Enfin, le Muséum dédié à la biodiversité, avec naturalium, jardin zoologique, insectarium, aquarium, noctarium et modeste ferme. Six espaces dédiés au monde animal.

Si vous souhaitez visiter le patrimoine architectural de Besançon de manière structurée, la citadelle est évidemment le point de départ idéal. Mais ne négligez pas le reste des fortifications qui s’intègrent à la ville.

Des expériences pour tous les âges

La citadelle a vraiment pensé à tout. Un comédien costumé incarne Vauban lui-même pour des visites commentées, dévoilant les secrets de l’édification en français châtié — ça tranche avec le langage de mon comptoir, disons. Dans la chapelle Saint-Étienne, un spectacle multimédia immersif de 15 minutes projette des images sur les murs, la voûte et le chœur. Bluffant.

Pour les plus jeunes visiteurs, les formules soigneur d’un jour proposent une immersion auprès des animaux, avec des expériences adaptées dès 6 ans. Et pour ceux qui aiment les mystères, un escape game intitulé L’affaire des poisons plonge les participants dans une sulfureuse enquête datant du règne de Louis XIV.

Inscription UNESCO et reconnaissance internationale

Les fortifications bisontines font partie des douze sites Vauban inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008. Le 7 juillet 2023 marquait le 15e anniversaire de cette inscription. Une reconnaissance qui confirme l’importance universelle de ces ouvrages militaires.

Voici les principaux éléments du système défensif bisontin :

  • La citadelle (éperon rocheux, 12 hectares)
  • Le Fort Griffon (seconde citadelle, face à la première)
  • Les six tours bastionnées dont la Tour de Chamars et la Tour du Marais
  • La Tour de la Pelote, le Fort de Brégille et le Fort de Fontain
  • L’enceinte urbaine de Battant

Pour ne rien manquer de ce que Besançon propose autour de ce patrimoine remarquable, consultez aussi le guide des événements culturels immanquables à Besançon — des visites nocturnes aux balades thématiques, le calendrier est dense.

Se balader dans les fortifications : à pied, à vélo ou en bateau

Un circuit urbain à repérer librement

L’enceinte fortifiée fait partie intégrante du tissu urbain bisontin. Elle est accessible librement, sans billet. Un circuit fléché baptisé Balades urbaines, rives et remparts permet de parcourir les vestiges à pied, seul ou accompagné d’un guide. C’est exactement le genre de promenade que je recommande à mes clients avant de venir siroter quelque chose au bar.

Pour les cyclistes, un parcours de 12 kilomètres serpente entre pistes cyclables et sentiers, intégré à l’EuroVelo 6. Des bateaux-croisière sur le Doubs complètent l’offre pour ceux qui préfèrent voir les remparts depuis l’eau. Trois façons différentes d’appréhender le même monument — c’est ça qui est fort avec ce patrimoine.

Un héritage architectural unique en Europe

Ce qui rend les fortifications bisontines vraiment singulières, c’est leur adaptation précise au terrain. Vauban n’a pas appliqué un modèle standard. Il a observé, réfléchi, innové. Les tours bastionnées sont un exemple parfait : aucune autre ville ne possède ce deuxième système dans cette configuration. C’est une réponse architecturale à un problème géographique spécifique.

La prochaine fois que vous passerez sous une de ces voûtes de pierre, pensez-y : ces murs ont résisté à plus de trois siècles d’histoire. Et moi, depuis mon bar, je trouve qu’ils résistent encore très bien.

Sources : wiki Besançonsite officiel de la ville de Besançon

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